Doctorant en 1ère année - Agrégé externe d'Histoire
Publié le 17 septembre 2026–Mis à jour le 17 septembre 2026
Thèmes de recherche
Histoire environnementale et ruines
Présentation synthétique des recherches
Travail sur l'histoire environnementale des ruines d'Oradour-sur-Glane : place des acteurs humains et non-humains dans l'évolution du site, altération progressive et enjeux touristiques et mémoriels.
Thèse en cours
Ruines et nature : histoire environnementale du site mémoriel d'Oradour-sur-Glane depuis 1944
Dirigé par Stéphane Michonneau et Anne Hertzog (Cergy Université)
Après le 10 juin 1944 et le massacre de 643 personnes par des SS de la division Das Reich, les ruines d'Oradour-sur-Glane ont été conservées afin de transmettre aux générations suivantes la trace du crime. Le village martyr est devenu un site mémoriel majeur, aux échelles locale comme nationale. La patrimonialisation du site est depuis passée par une monumentalisation mais aussi par une forme spécifique de mise en stase, dont la force mémorielle repose sur l'idée que les ruines auraient été maintenues ''en l'état'', comme figées au lendemain du massacre. Cette immobilité apparente concerne les ruines elles-mêmes, mais elle constitue aussi tout un système, à la fois politique, juridique et cérémoniel. Pourtant, Oradour n'a jamais cessé de se transformer. Conserver les ruines implique une gestion spécifique et des interventions constantes pour consolider certains bâtiments, sécuriser le site ou l'adapter à la mise en tourisme qui le caractérise dès le lendemain du massacre. Ces choix traduisent des arbitrages politiques, patrimoniaux ou paysagers spécifiques par des acteurs variés : l'Etat, la DRAC, les collectivités locales ou les habitants d'Oradour eux-mêmes. Mais l'histoire du site ne peut être réduite aux seules interventions humaines. Les ruines sont également soumises aux intempéries, à l'érosion et aux dynamiques du vivant. Les plantes, les oiseaux nicheurs, les insectes qui vivent dans le village martyr participent aussi de son évolution matérielle et paysagère et doivent être pris en compte dans la gestion du site. Selon les périodes, ils peuvent être mis sous contrôle, exclus ou bien tolérés dans les ruines. C'est donc une étude de l'utilisation de produits phytosanitaires et chimiques, de l'entretien des plantes dans les ruines ou encore de la présence des animaux qui permettrait d'interroger concrètement les rapports entre patrimonialisation et environnement. Ce travail de recherche se focalise donc sur l'histoire environnementale d'Oradour-sur-Glane depuis 1944. L'étude inclut les ruines, mais aussi le cimetière, le nouveau village et le centre de la mémoire, qui forment un site mémoriel cohérent. Elle repose sur des archives variées, pour certaines peu étudiées jusqu'à aujourd'hui, à la fois techniques, administratives, mais aussi sur l'étude de nombreux documents iconographiques, afin de comparer l'évolution du site dans le temps. A travers le cas d'Oradour-sur-Glane, il s'agit donc d'étudier une tension, l'entre-deux d'un site ''cristallisé'' dont la force évocatrice repose sur une apparente immobilité, alors qu'il est en réalité en évolution permanente, que ce soit par les actions d'acteurs humains comme non-humains.