Publié le 7 octobre 2026–Mis à jour le 7 octobre 2026
Doctorante en histoire contemporaine
Thèmes de recherche
Histoire du genre et des femmes
Histoire et sociologie des mobilisations collectives
Histoire du mouvement ouvrier
Présentation synthétique des recherches
Tenir une grève dans le temps implique un ensemble d'actes de solidarité entre les différents acteur·ices du mouvement ouvrier. Les compagnes de grévistes réalisent quotidiennement un travail invisible pour mettre en place cette solidarité : elles organisent les actions de ravitaillement, préparent les repas de grèves, récoltent des fonds. Pourtant, peu de travaux universitaires reviennent sur le travail de ces femmes pour tenir la grève. Dominées du point de vue du genre et de la classe, elles sont perçues comme des « auxiliaires de lutte » (Kergoat, 2012) par les organisations ouvrières, syndicales et communistes. De plus, leur assignation au « travail reproductif » (Walby, 1989) modifie et conditionne durablement leur rapport au militantisme et à l'engagement. Cette recherche doctorale pose donc la question suivante : quel est le rôle des compagnes de grévistes dans la mise en place de la solidarité ouvrière en temps de grève ? Une partie de cette recherche se concentrera aussi sur la transmission mémorielle de pratiques de grève et d'un capital militant des parents à leurs enfants et sur la réception de cette mémoire par les héritier·es. Cette recherche doctorale réalise une historiographie de trois grèves en France dans des secteurs ouvrier à prédominance masculine : les grèves de mineurs dans le Nord-Pas-de-Calais (1963-1970), la grève du Parisien Libéré (1975-1977), les grèves contemporaines au sein des raffineries de 2021 à 2023. Ces mouvements sociaux sont travaillés à partir de l'histoire orale récoltée auprès des participant·es et de l'étude des archives personnelles, syndicales et publiques correspondantes. L'originalité de cette recherche réside dans l'utilisation des études sur le genre comme outil d'analyse des rapports sociaux à l'oeuvre dans les luttes ouvrières.
Quelques publications
Feinte, Rose. « S’unir pour tenir, se souvenir pour lutter : la solidarité ouvrière lors de la grève du Parisien libéré et ses héritages ». Le Mouvement Social, 2026/2 295, 2026. p.33-50.
Feinte Rose, Gallot Fanny, Hayat Samuel, Rosenman Gabriel. « Reconfigurer les solidarités ouvrières par les pratiques grévistes du XIXe au XXIe siècle ». Le Mouvement Social, 2026/2 295, 2026. p.3-14.
Feinte, Rose. et Fanny Gallot. « Des épouses solidaires ? Reproduire le travail gréviste en situation de désindustrialisation (1975-1980) ». Politix, 2024/4 n° 148.
Feinte Rose, « Femme de gréviste » notice publiée dans le manuel de préparation à l’agrégation de SES consacré aux désindustrialisations, coordonné par Fanny Gallot et Pascal Raggi, 2026, Atlande.
Collaborations scientifiques
Co-organisation du colloque interdisciplinaire « Solidarité ouvrière : pratiques militantes, enjeux sociaux et politiques. 19e - 21e siècles » à l'ENS Jourdan (2023)
Co-organisation de la publication d’un dossier sur les solidarités ouvrières pour Le Mouvement Social issu du colloque « solidarité ouvrière » (à paraitre en 2026)
Co-organisation d’une journée d’études au sein du diplôme universitaire Egalité Diversité Inclusion (EDI) : « Former à la lutte contre les discrimination » (2025)
Co-organisation d’une journée d’études au sein du diplôme universitaire Egalité Diversité Inclusion (EDI) : « Les politiques EDI : généalogies, stratégies de résistances et perspectives comparés », membre du comité d’évaluation de cette Journée d’Études (2026)
Thèse en cours
Famille en grève de 1963 à nos jours / Fanny Gallot et Cédric Lomba