SELENATI Alice

Doctorante contractuelle en histoire contemporaine au CRHEC

Publié le 8 juin 2026 Mis à jour le 10 juin 2026
SELENATI Alice

Thèse en cours

La violence ordinaire faite par les femmes dans l'espace public (France, XIXe siècle), sous la direction d'Emmanuel Fureix.
 

Thèmes de recherche

  • Histoire des femmes
  • Histoire sociale de la violence
  • Histoire urbaine
  • Histoire économique
  • Représentations et imaginaires de la violence

Présentation synthétique des recherches

Mes recherches portent sur la violence ordinaire faite par les femmes dans l'espace public au XIXe siècle à Paris, Marseille, Bordeaux et Lyon.

Je chercher à définir et saisir la violence féminine ordinaire par une approche quantitative (pour en mesurer l’ampleur) et une approche typologique (pour en caractériser les formes) ainsi que la matérialité de ces violences, en analysant leur modus operandi. Il s’agit de déterminer, selon les contextes spatiaux, si cette violence est marginale, banalisée, centrale ou structurelle dans les dynamiques sociales. Ma thèse vise à établir, sur le temps long, un profil sociologique des femmes auteures de violences (âge, catégorie professionnelle, situation matrimoniale…) afin d’en saisir les évolutions et de dépasser les représentations genrées du XIXe siècle, qui cantonnent les femmes à des rôles passifs et soumis. Mon étude interroge également comment des formes de violence perçues comme masculines sont en réalité mobilisées par des femmes, et comment leur appropriation de la violence évolue. Une typologie des violences féminines ordinaires (structures, codifications, formes, causes, motifs et acteurs impliqués) et une étude du continuum des violences, de la parole aux coups et blessures sont au coeur de notre analyse. Les formes de régulation ainsi que les réceptions, représentations et imaginaires sociaux liés à ces comportements sont aussi étudiées, permettant de saisir les seuils de tolérance à la violence féminine à cette époque. Ma thèse s’intéresse également à la construction identitaire des femmes violentes : comment ces dernières se perçoivent, articulent leur identité féminine avec des comportements qualifiés de masculins et s’inscrivent dans les dynamiques de l’espace public et des sociabilités urbaines.

Les rapports entre violences, espaces et interactions sociales sont au coeur de mon étude. Je cherche à spatialiser les violences féminines ordinaires en cartographiant les espaces publics (ouverts, semi-publics, lieux de sociabilité comme cabarets, marchés, foires, bals…) et les espaces de circulation (rues, quais, pas de porte, interstices urbains) où ces violences s’exercent. L’analyse de la localisation (centrale ou marginale) et du caractère public de ces lieux permet de questionner la visibilité et la banalisation des violences féminines. Cette spatialisation permet de questionner le rapport à l’espace vécu des femmes violentes, des victimes et des plaignants, ainsi que les formes d’appropriation de ces lieux (présence, ancrage, solidarités locales). L’espace urbain est aussi envisagé comme territoire, afin d’aborder les relations de pouvoir et les rapports identitaires qui s’y tissent et qui peuvent être le motif - ou la conséquence - de tensions, de conflits et de violences. J'observe ainsi les évolutions des espaces de la violence : espaces mixtes ou féminins, extension ou rétraction des lieux, mobilité, continuités ou ruptures, en s’appuyant sur une approche comparative dans le temps long et entre plusieurs villes, afin de déterminer si ces dynamiques genrées sont locales ou globales.
 

Quelques publications

  • Alice Selenati, “La fenêtre, outil de racolage et objet de transgression, dans le Paris de la Belle Époque (1880-1920)”, Carnet de recherche de la formation recherche en histoire européenne comparée de l'UPEC, Hypothèses, 2024.
  • Alice Selenati et Charlotte Teyssaire, “Saisir les paroles populaires de prostituées au XIXème siècle : quel positionnement pour l’historien·ne ? Entretien avec Mayte Garcia et Alexandre Frondizi”, Carnet de recherche de la formation recherche en histoire européenne comparée de l'UPEC, Hypothèses, 2024.
  • Épisode “Sulfureuses fenêtres”, L’Objet de la Recherche, 6 décembre 2024.

Collaborations scientifiques

  • Journée d’étude des Masterants “Penser la domination : formes, constructions et matérialisations (du Moyen-Âge à l’époque contemporaine)”, 22 mars 2024, CRHEC, UPEC : “Transgressions et subversions : le modelage de l’espace public par les Reines du trottoir à Paris à la fin du XIXe et au début du XXe siècle”
  • Journée d’étude Plurielles “Faire (l’)événement : marges, récits, légitimités”, organisée par Lucile Bordes et Laïla Fatih, Plurielles, Université Bordeaux-Montaigne, 21 janvier 2026 : “De faits divers à événements : l’influence de L’Assommoir (1877) sur les représentations des rixes féminines dans les lavoirs”
  • Séminaire HiCAR (Histoire, Comparaisons, Analyse, Récits), Cerilac, Université Paris-Cité, 19 mars 2026 : “Histoire urbaine comparée, histoire comparée des femmes” avec Clara Chauvel-Thébault
  • Séminaire Enquêtes. L’atelier de la recherche en SHS, CRHEC, UPEC, 10 avril 2026 : “Espaces urbains, espaces genrés, espaces d’interconnaissance : la violence ordinaire des femmes dans l’espace public”
  • Colloque VIIe rencontre du XIXe siècle. Violences, 5 juin 2026 : “La violence ordinaire faite par les femmes. Une violence minimisée et invisibilisée au XIXe siècle”
  • Journée d’étude doctorale La crise : (sur)vivre, (re)construire, (ré)utiliser, 12 juin 2026 : “« Crise de nerfs » et « crise de jalousie ». La violence des femmes « jalouses » au XIXe siècle, révélatrice d’une crise sociale ?”