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CHAUVET Guilhem

Les frontières de l’exil, des frontières perméables ? Une lecture transnationale de la trajectoire légitimiste de María de las Nieves de 1852 à 1909

Résumé

En partant de l’analyse des ancrages territoriaux multiples de María de las Nieves de Braganza y de Borbón, cet article entend saisir ce que dit une trajectoire singulière de toutes les frontières qu’elle franchit, subit, travaille. Passant par son mariage en 1871 du légitimisme portugais au légitimisme espagnol, cette princesse est une des figures de l’Internationale blanche. Cette situation politique et familiale lui fait vivre entre 1852 et 1909 plusieurs expériences d’exil dont l’article explore les modalités variées et souligne la dimension réflexive. En particulier, celui-ci met en évidence la tension entre la capacité de María de las Nieves à s’abstraire de la frontière par un certain nombre de dispositions réunies sous l’expression d’habitus transnational et la résistance que lui oppose la frontière espagnole, tant physiquement que symboliquement. L’Espagne et ses frontières sont au cœur de son existence dont le sens est investi d’une dimension profondément politique par son adhésion totale à la cause carliste. La relation communément établie entre exil, trajectoire individuelle et frontière se trouve ainsi enrichie par la lecture de cette séquence biographique à la dimension européenne et transnationale. Si l’exil est bel et bien fermeture, il peut aussi se concevoir à certains points de vue, absorbé dans une culture politique et familiale, comme ouverture.



By studying the diverse locations visited by María de las Nieves de Braganza y Borbón’s, this paper seeks to outline what invidual trajectories reveal about the borders menand women cross, face or alter. Her 1871 wedding is a turning point in her life, and marks a personal shift from Portguese to Spanish legitimism. It also highlights her role as a key figure in the Internationale blanche. As a result of this personal and political situation, the princess goes through various exiles experiences between 1852 and 1909. They are the focus of this paper, which tries to frame their characteristics and underline their reflexive dimension. More specifically, this article highlights the tension between María’s ability to overlook and bypass borders thanks to her transnational habitus,and the tangible and symbolic resistance of the Spanish border which she is unabletocross. Spain and its borders have a central role in her life, especially in the light of her political investment in carlism. The analysis of biographic sequence seeksto broaden the relation usually established between exile,individual trajectory and
borders. Though exile is unquestionably a form of exclusion, it can also be thought, when integrated to a political a familial culture, as an open door.


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Dates
Créé le 29 juin 2022